accueil
    retour :
les 6 étapes du paléolithique

le tableau général

étape B0-12

La grotte Chauvet :
têtes de lions "cubistes"









note concernant les liens : la numérotation de chaque expression contient un lien, tel que " s5 ", qui permet d'accéder à une explication générale de cet effet, ainsi qu'à d'autres exemples de son emploi.
Ces exemples contiennent à leur tour un lien qui permet d'accéder directement aux analyses dont ils sont tirés. Ce lien permet notamment de revenir au présent texte à l'endroit précis où vous l'avez quitté, mais vous pouvez aussi utiliser pour cela la fonction "page arrière" de votre navigateur.
 

Ces deux têtes sont ici qualifiées de "cubistes" à cause de la signification de ce terme dans l'usage courant, mais du strict point de vue de l'histoire de l'art il vaudrait mieux parler de "têtes à la Picasso". En effet, ce n'est pas spécialement dans sa période cubiste mais plus tardivement, que Picasso représentera des personnages de profil avec deux yeux, alors que selon une vision réaliste on ne devrait en voir qu'un seul.
On donne plus loin l'exemple de son tableau de 1932 intitulé "Femme assise".
Pour simplifier le texte on ne parlera toujours que d'une seule tête, mais les analyses valent indifféremment pour l'une ou pour l'autre des deux têtes.

Repères chronologiques :
Environ - 29 000 avant J.C. selon datation "brute". La calibration par la technique U-Th (Uranium-Thorium) donne pour cette période une date de l'ordre de - 36 000.

L'image de référence : deux têtes de lion   [s'ouvre dans une fenêtre réservée aux images]
Source de l'image : La Grotte CHAUVET - éditions du Seuil (collection "Arts Rupestres") - 1995 - figure 84
 
 

1er paradoxe de transformation : entraîné / retenu

1 -  Expression synthétique de type s5 :

Nous voyons deux yeux et deux oreilles : très naturellement nous sommes donc entraînés à considérer que la tête est vue de biais, et par conséquent que nous voyons aussi le dessus du front.
Mais nous devons nous retenir de continuer à percevoir la tête de cette façon, car les yeux sont tous les deux orientés de profil, et l'oeil droit qui devrait être caché puisque situé sur la joue droite, est en fait situé en deçà du profil : les deux yeux sont des yeux "de gauche".
Nous étions entraînés à percevoir une vue de biais : nous en sommes donc retenus pour plutôt voir deux vues de profil côte à côte. Le museau, qui lui est sans ambiguïté de profil, nous confirme d'ailleurs dans cette seconde approche.


2 -  Expression analytique de type a11 :

Donc nous voyons deux yeux de profil.
Comme ces deux yeux ont la même importance, nécessairement ils se font mutuellement concurrence, de telle sorte qu'on ne peut décider lequel est le bon.
Si on se laisse entraîner à lire l'un comme étant le bon oeil sur le vrai profil, aussitôt l'autre attire notre attention et réclame que ce soit lui que l'on considère comme le bon, ce qui alors nous retient de poursuivre la première impression. Et réciproquement.
 
 
 

2ème paradoxe de transformation : ça se suit / sans se suivre
[l'interférence entre les deux paradoxes de transformation fonctionnant à la façon "centre / à la périphérie", on bascule d'un effet à l'autre en restant sur les mêmes formes]

3 -  Expression analytique de type a11 :

Si l'on perçoit la tête selon une vue biaise munie de deux yeux, ceux-ci sont clairement différenciés, l'un étant l'oeil de gauche, et l'autre étant l'oeil de droite. Dans ce cas, ils se suivent de la droite vers la gauche, ou inversement.
Mais si l'on considère qu'il s'agit cette fois de deux yeux "de gauche", l'un suit le profil général de la tête et l'autre suit le repli de la joue. Ils sont alors chacun reliés à des trajets autonomes parallèles qui ne se suivent pas mais vont côte à côte.


4 -  Expression synthétique de type s8 :

["Femme assise" de Picasso - 1932]

On peut considérer qu'il s'agit d'une tête vue en biais qui suit de façon réaliste l'apparence d'une tête de lion.
Mais deux yeux "de gauche" sur une seule joue, cela ne suit pas du tout la réalité.
 
 
 

1er paradoxe d'état : entraîné / retenu
[niveau ponctuel : effet réciproque à distance des différentes parties de la forme, ou effet d'apparence globale de la forme]

Déjà envisagé au titre du premier paradoxe de transformation.
 
 

2ème paradoxe d'état : effet d'ensemble / autonomie
[niveau de classement : met en valeur les effets de type ponctuel du 1er paradoxe]

5 - Expression analytique de type a5 - 1 (branchée sur l'effet -1-) :

Si on les considère ensemble, les deux yeux suggèrent une vue en biais de la tête, une tête munie très normalement d'un oeil gauche et d'un oeil droit, de la même façon que l'on voit bien qu'elle est munie d'une oreille gauche et d'une oreille droite qui sont bien décalées de part et d'autre du front qui est alors vu de biais.
Simultanément, chaque oeil peut être considéré comme "un oeil gauche" : celui le plus à droite parce qu'il est clairement installé sur la joue gauche, et celui le plus à gauche parce qu'il est installé sur le profil de la tête, exactement comme le serait l'oeil gauche sur une vue de profil de la tête.
Ensemble, les deux yeux participent donc à l'effet que donne la tête vue de biais, et, simultanément, chacun participe à une vue de profil autonome, nous obligeant à nier visuellement la présence de son voisin.


6 - Expression synthétique de type s10 (branchée sur l'effet -2-) :

Chaque oeil est un oeil gauche. Ils font donc ensemble la même chose : ils font tous les deux un oeil gauche.
Mais ils le font chacun d'une manière bien autonome de l'autre, puisque l'un fait cela en se collant au profil du visage, tandis que l'autre s'accroche lui au repli de la joue.
 
 
 

3ème paradoxe d'état : ouvert / fermé
[niveau d'organisation : comment la forme se répand]

7 - Expression analytique de type a1 - a :

Le tracé ou la ligne de changement de couleur qui marquent les yeux, afin de les cerner, se referment en ovale.
Ces contours des yeux sont raccordés au profil de la tête et au repli qui marque la joue. Ce profil et ce repli eux, ne sont pas des lignes fermées, mais au contraire ce sont des tracés ouverts qui s'éloignent. On peut même les poursuivre imaginairement, puisqu'ils ne sont pas bloqués en leurs extrémités par un trait ou par un point qui en marquerait la fin.


8 - Expression synthétique de type s11 :

Dans un sens les deux yeux se buttent l'un contre l'autre : le trajet est donc fermé dans la direction qui mène de l'un vers l'autre.
Dans le sens croisé au contraire, le tracé de chacun se prolonge librement vers le dessus et vers le dessous.
Butée, fermeture donc dans un sens, mais libre circulation, ouverture dans le sens croisé.
 
 

4ème paradoxe d'état : ça se suit / sans se suivre
[niveau du noeud qui résume les trois effets précédents et les bloque ensemble]

Déjà envisagé au titre du 2ème paradoxe de transformation.


dernière mise à jour de cette page : 4 novembre 2006


accueil  haut

nom de domaine