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s6 1 - une
perception visuelle nous est suggérée (nous sommes entraînés
à la faire), mais un élément se met en travers qui nous
barre cette vision, qui la contrarie, qui nous retient de la faire 2 - un
personnage ou un animal fait un mouvement que l'on peut dire "suspendu" :
bouge-t-il vraiment, entraîné par son mouvement, ou retient-il son geste ? Il
peut aussi s'agir d'un bâtiment violemment animé par le dynamisme
de ses formes : on voit bien pourtant qu'il ne bouge pas et qu'il reste imperturbablement fixe1 - cet effet s'appuie sur le paradoxe n° 6 2 - l'appui fonctionne à l'aide du paradoxe 3 - il s'organise au moyen du paradoxe 4 - il est noué par le paradoxe clef Justification du caractère synthétique de type identification dans le cas 1 : c'est parce qu'une partie de la forme nous est cachée que nous sommes spécialement curieux et frustrés de ne pas la voir en entier. C'est donc parce que nous sommes retenus de voir la forme en entier que nous sommes entraînés à souhaiter en voir la partie cachée Justification du caractère synthétique de type lecture dans le cas 2 : la nature "suspendue" du mouvement implique inséparablement qu'il est en train de se faire et qu'il est arrêté. Autrement dit : nous ne pouvons pas percevoir que le mouvement est retenu si nous ne prenons pas en compte le fait qu'il existe, c'est-à-dire qu'il entraîne la forme vers une autre position |
étape B0-12 - rhinocéros en troupeau à la grotte Chauvet : nous
cherchons à voir les rhinocéros du second plan, puisqu'ils
débordent suffisamment du contour de celui du premier plan pour que
nous soyons entraînés vers cette perception. Mais le rhinocéros
du premier plan fait décidément obstacle, il bouche la vue
et nous empêche de les voir : en conséquence nous nous retenons
de chercher davantage à les voir


étape B0-12 (Aurignacien récent) - figure féminine à Cussac : l'attitude
déséquilibrée de la femme, d'autant plus déséquilibrée
d'ailleurs que ses jambes fluettes semblent se dérober sous elle,
nous laisse incertains sur ce qu'elle fait. Avance-t-elle d'un pas ? Est-elle
juste en train de se pencher ? Est-elle immobilisée dans une attitude
d'attente ? - source de l'image : site internet du Centre National de la Préhistoire de Périgueux
étape D0-43 - Zaha Hadid (née en 1950) - Moonsoon-Bar à Sapporo au Japon : les
éléments de paroi, de mobilier, de lumière, de vitrage,
etc., partent énergiquement dans toutes les directions. Pourtant, rien
ne bouge puisqu'il s'agit d'une architecture : l'éclatement des volumes
vers toutes les directions est complètement figé, immobile
étape B0-25 - site du Mont Bégo - ligature de poignard et de bucrane (gravure sur rocher en plein air) : [expression 1] grâce
à l'examen des dessins qui voisinent cette gravure, on peut lire qu'elle
est constituée d'une part d'un poignard (à gauche, en noir), et d'autre part
d'une tête schématique de bovidé dont les longues cornes
viennent rejoindre le contour du poignard. L'analogie des formes est telle
que l'on peut aussi bien lire la tête du bovidé comme étant
elle aussi un poignard. Mais si l'on veut lire ce grand poignard blanc en
entier, alors le petit poignard noir nous gêne, il nous en gâche
la lecture
étape B0-25 - le groupe de Mykérinos à Guizèh (vers 2500 avant J.C.) : [expression 1] le
volume des personnage étant en ronde-bosse comme s'il s'agissait de
personnages réels, on s'attend à pouvoir en faire le tour afin
de voir leur dos, mais un plan vertical encombre leurs flancs, nous barrant
la perception de l'arrière de leur corps. Ce plan nous empêche
même de voir le bras qui amène la main que l'on voit sur le
biceps du pharaon, bras que l'on voudrait bien voir plus avant, afin de vérifier
que cette main appartient bien à un personnage qui l'appuie sur le
bras du pharaon et qu'il ne s'agit pas seulement d'une main coupée
et collée sur son bras. Inversement, si l'on est tenté de lire
en continu le grand plan qui se glisse dans l'espace, d'abord horizontalement,
puis se retournant verticalement dans le dos des personnages, cette fois
c'est la présence de ceux-ci qui nous empêche de bien le voir
comme on le souhaiterait



étape C0-35 en Occident - la façade de la
cathédrale de Strasbourg (fin 13ème/début
14ème) : [expression 1 pour les deux croquis] croquis
de gauche > à travers la résille en filigrane du premier
plan, on aperçoit suffisamment le mur plein de la façade pour
souhaiter le lire en continu, mais la présence de cette résille
empêche de lire ainsi le mur. La résille est donc suffisamment
transparente pour nous suggérer de lire en continu le mur qui est
situé derrière elle et elle est en même temps suffisamment
présente pour nous décourager de faire cette lecture - croquis
de droite > la transparence des ronds des gâbles latéraux
entraîne notre regard à travers eux, tandis que les pointes
opaques le retiennent


étape D0-43 - Zaha Hadid (née en 1950) - projet pour un Centre d'art contemporain à Rome : comme
souvent chez Zaha Hadid, le dynamisme des formes qui s'agitent
visuellement en tous sens fait contraste à la
réalité de la fixité de ces mêmes formes,
fixité qui, tout simplement, résulte du fait qu'il s'agit
de bâtiments construits et donc stables. Par un aspect, donc, des
formes qui sont entraînées dans un mouvement apparent, et,
par un autre aspect, la réalité de bâtiments qui
sont fixement retenus dans une même position
étape D0-43 - Zaha Hadid (née en 1950) - terminus de tramway à Strasbourg (2001) : [expressoin 2] les
parois de béton et les poteaux qui les soutiennent semblent partir
et se plier vers toutes les directions. Pourtant, rien ne bouge dans cette
architecture, dynamique mais figée dans la fixité
étape D0-43 - Zaha Hadid (née en 1950) - projet pour l'Opéra de Cardiff : [expression 2] le
mur de façade semble se coucher, les équipements et les diverses
parois semblent fuir vers le lointain, entraînés par la dispersion
des lignes fuyantes. Mais en réalité rien ne bouge de toute cette dynamique
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liste des effets propres à ce paradoxe |