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a5 1
- combinaison d'angles de perspective contradictoires ou de vues en perspective et de vues en aplat frontal sans perspective
2 - combinaison dans une même scène d'une vue en plan très
large et d'une vue très détaillée, ce qui oblige à
accommoder la lecture de deux façons différentes pour une même
scène1 - cet effet s'appuie sur le paradoxe n° 5 2 - l'appui fonctionne à l'aide du paradoxe 3 - il s'organise au moyen du paradoxe 4 - il est noué par le paradoxe clef Justification du caractère analytique de type lecture dans les deux expressions : il faut choisir de considérer globalement l'unité de la scène ou bien choisir d'en considérer tour à tour chaque partie dans ce qui fait son autonomie, c'est-à-dire l'angle de vue qui lui est particulier ou la profondeur de champ qui lui est spécifique |
étape D0-14 dans la civilisation musulmane - Emoi dans la mosquée (miniature persane du 16e siècle) : manifestement,
toutes les parties de la miniature correspondent à une même
scène en train de se dérouler devant nous, et le traitement
homogène des couleurs et de la luminosité conforte sa cohérence
d'ensemble. Mais, sans aucune transition, on passe d'une partie de la scène
qui est vue en rigide perspective cavalière (le minbar, à droite
sur l'image), à des parties qui sont vue à vol d'oiseau sans
aucune déformation perspective (le sol, avec ses tapis et ses carrelages),
à des parties qui sont vues de face, en élévation frontale
sans aucune déformation perspective (les murs), et à des parties
qui sont vues en perspective plongeante assez réaliste (les personnages).
"Normalement", toute la scène devrait être vue sous le même
angle, soit de face, soit de dessus, soit en perspective cavalière,
et l'on a ici comme un collage de points de vue qui ne vont pas ensemble.
L'habileté de l'artiste a été de faire oublier ces incohérences,
en amalgamant ces collages de vues partielles qui sont contradictoires entre
elles dans une vue d'ensemble qui peut passer pour cohérente, du
moins au premier abord

étape D0-11 - Jean van Eyck (vers 1390-1441) - La Vierge au chancelier Rolin : les
trois personnages du premier plan doivent être regardés en prenant
du recul du fait de leur grande taille et pour saisir leurs relations réciproques,
tandis que la vue panoramique du second plan fourmille de détails
qui réclament d'être examinés de près et comme "à la loupe".
Notre champ de vision ne permet pas de regarder en même temps ces
deux parties du tableau, pourtant emmêlées l'une dans l'autre
et représentant une scène qui se propose comme continue.
Cette unité d'ensemble de la scène, c'est l'effet d'ensemble
que produisent les personnages du premier plan et la vue panoramique du second
plan, mais ces deux parties de la scène imposent que l'on accommode
différemment notre vision pour chacune d'elle, ce qui implique que notre regard
ne peut pas passer en continu de l'une à l'autre et procure une
autonomie de lecture aux différentes parties de la scène





étape D0-11 en Occident - la Dame à la Licorne (fin 15ème) : basculement
incessant entre une perception frontale de la scène et une perception
en perspective de la même scène, les éléments vus en perspectives étant
complètement imbriqués à l'intérieur des parties vues frontalement


étape D0-14 au Japon - estampe de Sharaku (1794) : le
dessin du personnage et des plis de ses vêtements correspond à
une vue en perspective de la profondeur que l'on peut dire "réaliste".
Par contre, le dessin du motif imprimé sur les étoffes est
vu comme à plat, comme si ce motif n'était pas déformé
par la perspective, même pas déformé d'ailleurs (ou presque)
par les replis des vêtements qui devraient pourtant en cacher des
parties et rompre sa continuité. Le contour des formes ou le dessin
des plis ne sont donc pas cohérents avec le remplissage des surfaces
(trame régulière continue pour les étoffes imprimées,
teinte régulière sans dégradé d'ombrage pour
les étoffes de couleur uniforme ou pour la peau du personnage). Le
contour et les remplissages correspondent donc à des modes de représentation
qui sont autonomes les uns des autres, et la cohérence préservée
du personnage est l'effet d'ensemble de ces traitements qui sont pourtant
incompatibles entre eux
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liste des effets propres à ce paradoxe |