accueil accueil

liste des effets propres à ce paradoxe  liste
tableau tableau

6 - homogène / hétérogène
6
effet synthétique
s8
  a - une forme est semblable à la réalité qu'elle est censée représenter, mais elle correspond à une réalité complètement différente

Brancusi : Torse de jeune hommeBrancusi : l'Oiseau dans l'espaceBrancusi : le Coq   b - une forme est en partie homogène avec l'apparence de la réalité qu'elle est censée représenter et en partie hétérogène avec elle, c'est-à-dire anormale


1 - cet effet s'appuie sur le paradoxe n° 8 8 synchronisé / incommensurable : dans le cas a, superposition sur une même forme de réalités qui sont, en fait, sans aucun rapport entre elles. L'apparence de la forme est homogène à l'apparence qu'elle est censée représenter, mais sa réalité est hétérogène à la réalité évoquée. Dans le cas b, une réalité est évoquée par une apparence qui n'a aucun rapport réaliste avec sa véritable apparence. Le forme utilisée est suffisamment homogène avec la réalité évoquée pour y faire penser, mais son apparence est très hétérogène avec l'apparence de la forme évoquée
2 - l'appui fonctionne à l'aide du paradoxe 9 continu / coupé : dans le cas a, les deux réalités (celle présente et celle évoquée) sont liées par une apparence visuelle qui se poursuit en continu quand on regarde l'une et que l'on évoque l'autre. Mais elles sont coupées l'une de l'autre, précisément parce qu'elles sont des réalités différentes et sans rapport l'une avec l'autre. Dans le cas b, la forme est reliée à la forme réelle qui est évoquée, mais son apparence tranche avec l'apparence de celle-ci
3 - il s'organise au moyen du paradoxe 10 lié / indépendant : dans le cas a, les deux réalités indépendantes sont liées par une même forme qu'elles partagent. Dans le cas b, la forme évoquée et la forme présente sont liées par leurs ressemblances tout en étant clairement autonomes l'une de l'autre du fait de leurs dissemblances
4 - il est noué par le paradoxe clef 11 même / différent : dans le cas a, une même forme correspond à des réalités complètement différentes. Dans le cas b, bien qu'elles évoquent la même chose, la forme présente et la forme évoquée sont différentes l'une de l'autre

Justification du caractère synthétique de type lecture dans les cas a et b : dans le cas a, puisque la réalité évoquée l'est au moyen d'une réalité qui lui est hétérogène, nous ne pouvons pas considérer l'hétérogénéité des deux réalités sans considérer l'homogénéité de leurs apparences. Dans le cas b, puisque c'est une forme qui est hétérogène à la forme réelle qui permet d'évoquer celle-ci, nous ne pouvons pas considérer ce qu'il y a d'homogène entre les deux situations sans considérer ce qu'il y a aussi d'hétérogène

les exemples de référence

Expression a - cas d'une forme semblable pour une réalité différente :
voir l'image  étape D0-23 en Occident - Gallé (1846-1904) - une lampe champignon : elle a la même forme qu'un champignon, mais elle en est très différente puisque c'est une lampe
Gallé : lampe champignon


Expression b - cas d'un mélange d'aspects homogènes et hétérogènes à l'apparence de la forme réelle :
voir le Torse de jeune homme voir l'Oiseau dans l'espace voir le Coq aller à l'analyse  étape D0-24 - Brancusi (1876 - 1957) - diverses statues : Torse de jeune homme, l'Oiseau dans l'espace, le Coq : cette fourche en bois est suffisamment homogène avec la réalité d'un torse de jeune homme pour réussir à l'évoquer. Pourtant, sans tête, sans bras et les cuisses coupées, elle est en même temps clairement hétérogène à cette réalité. Ce fuselage épuré est suffisamment homogène avec la réalité d'un oiseau pour réussir à l'évoquer. Pourtant, sans ailes, sans pattes et sans tête, et avec un semblant de bec sur le dos, il est hétérogène à l'aspect réel d'un véritable oiseau. Cette combinaison de courbes complexes et d'une forme en escalier est homogène à la réalité d'un coq, puisque nous pensons à un coq en la voyant. Pourtant, quoi de plus hétérogène qu'un escalier et la forme d'un coq ?
Torse de jeune hommel'Oiseau dans l'espacele Coq


utilisation aux époques préhistoriques

étape B0-13 - femme/bâton de Dolni Vestonice : la représentation des seins est très semblable à l'aspect de vrais seins, elle est homogène avec l'aspect de vrais seins, et c'est leur présence qui permet de voir une femme dans cette sculpture. Par contre, la forme en strict bâton est, elle, très hétérogène avec le véritable aspect d'une tête de femme, de bras de femmes, d'un torse de femme, d'un bassin de femme, de jambes de femme
Dolni Vestonice

étape B0-21 - femmes sans pieds ni tête à Fronsac : la représentation est suffisamment homogène avec l'aspect de véritables femmes pour que nous y lisions des femmes, mais elle est en même temps très hétérogène avec la réalité du corps féminin, puisqu'elle ne comporte ni tête, ni bras, ni pieds
Fronsac

étape B0-21 - taureau à Teyjat : la représentation est homogène à la réalité de l'apparence d'un taureau puisque l'on reconnaît immédiatement l'animal, mais elle est en même temps très hétérogène à cette apparence réelle, puisqu'elle ne donne aucun renseignement sur la couleur de l'animal et sur la texture de sa peau, et parce qu'elle se réduit à un trait en fil de fer dans un plan, sans aucun modelé de son volume
Teyjat


utilisation aux époques anciennes


utilisation aux époques plus récentes

étape D0-23 - Matisse (1869 - 1954) - portrait de Baudelaire : le dessin est homogène avec ce qu'il représente : le visage de Baudelaire. Mais pour y parvenir, il use de moyens qui sont complètement hétérogènes avec l'apparence réelle du visage de Baudelaire, car il ne cherche pas à dissimuler qu'il n'est qu'un agencement de traits isolés répartis sur une feuille blanche (croquis de droite), et non pas un volume, des textures et des couleurs, comme il en irait avec le vrai visage de Baudelaire (croquis de gauche)
Matisse : BaudelaireMatisse : Baudelaire

aussi - Matisse - Vénus (gouache découpée) : le volume suggéré est homogène avec celui que nous avons dans l'esprit quand nous pensons à une statue de Vénus antique. Mais, matériellement, il ne s'agit que de deux morceaux de papiers colorés uniformément à la gouache. Ni dans l'apparence (volume blanc contre surface colorée), ni dans le matériau (marbre contre papier) les deux réalités ne sont homogènes entre elles
aussi - Matisse - l'une des deux figures de Torse blanc et torse bleu : idem que pour la Vénus.
MatisseVénus - Torse  >Matisse

aussi - Matisse - Nature-morte aux aubergines : le motif de pétales bleus qui évoque un motif de papier-peint mais nous met mal à l'aise car en recouvrant aussi le sol et de par son absence de déformation perspective, il ne peut correspondre à ce type de réalité
aussi - Matisse - Intérieur rouge, nature-morte sur table bleue : la vue que Matisse nous propose est homogène avec la vue réelle d'un lieu réel, mais les déformations mises en scène sont trop criantes pour nous leurrer
croquis< n-m aux aubergines - Intérieur rouge >croquis


utilisation à l'époque contemporaine

dernière mise à jour de cette fiche : 17 septembre 2006

accueil accueil
top haut
liste des effets propres à ce paradoxe  liste
auteur