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les 6 étapes du paléolithique

le tableau général

étape B0-12

La grotte Chauvet :
rhinocéros en troupeau








note concernant les liens : la numérotation de chaque expression contient un lien, tel que " s6 ", qui permet d'accéder à une explication générale de cet effet, ainsi qu'à d'autres exemples de son emploi.
Ces exemples contiennent à leur tour un lien qui permet d'accéder directement aux analyses dont ils sont tirés. Ce lien permet notamment de revenir au présent texte à l'endroit précis où vous l'avez quitté, mais vous pouvez aussi utiliser pour cela la fonction "page arrière" de votre navigateur.
 

Repères chronologiques :
Environ - 29 000 avant J.C. selon datation "brute". La calibration par la technique U-Th (Uranium-Thorium) donne pour cette période une date de l'ordre de - 36 000.

L'image de référence : les rhinocéros en troupeau   [s'ouvre dans une fenêtre réservée aux images]
Source de l'image : La Grotte CHAUVET - éditions du Seuil (collection "Arts Rupestres") - 1995 - photo de couverture [aussi en figures 81 et 86]
 
 

1er paradoxe de transformation : entraîné / retenu

1 -  Expression synthétique de type s6 - 1 :

Nous cherchons à voir les rhinocéros du second plan, puisqu'ils débordent suffisamment du contour de celui du premier plan pour que nous soyons entraînés vers cette perception.
Mais le rhinocéros du premier plan fait décidément obstacle, il bouche la vue et nous empêche de les voir : en conséquence nous nous retenons de chercher davantage à les voir.


2 -  Expression synthétique de type s5 :

Tout naturellement nous nous attendons à voir deux têtes et deux corps de rhinocéros à l'extrémité des deux cornes du premier plan : nous sommes entraînés vers cette perception qui va de soi.
Mais notre attente est déçue. En constatant qu'il n'y a rien au bout de ces cornes qui démarrent dans le vide, nous nous retenons de continuer plus avant cette perception.


3 -  Expression synthétique de type s7 :

Si l'on regarde l'enfilade des cornes, notre regard est entraîné à saisir toute la scène sous le même point de vue : une perspective qui se dirige en biais vers la droite et qui fait rétrécir les animaux vers le lointain.
Mais cette vision ne fonctionne pas longtemps et nous sommes retenus de la poursuivre, car nous constatons que les corps relèvent eux d'un autre point de vue : une perspective qui se dirige du bas vers le haut et qui fait s'agrandir les animaux vers le lointain.
Ces deux effets de perspectives, différents dans leurs directions et contraires dans leurs effets (l'un rétrécit l'autre grossit), se combattent mutuellement, car ils s'appliquent aux mêmes animaux que l'on ne devrait normalement voir que d'une seule et même façon. Quand nous commençons à percevoir de l'une de ces façons, nous sommes donc entraînés à lire l'animal entier de cette façon là, mais nous devons nous retenir car l'autre point de vue nous en empêche.


4 -  Expression synthétique de type s11 :

Notre regard est confronté à une multitude de cornes similaires, sans avoir de raison particulière d'être attiré par l'une plutôt que par l'autre. Il erre alors de l'une à l'autre sans pouvoir se fixer sur aucune, car toutes nous attirent à égalité.
L'équivalence d'aspect de toutes ces cornes, l'égalité de "leur poids visuel", implique en effet qu'elles se concurrencent mutuellement et se neutralisent réciproquement : l'entraînement égal vers chacune nous retient donc de nous laisser entraîner vers l'une ou vers l'autre.

La même chose vaut pour l'empilement des profils dorsaux semblables les uns au dessus des autres : on ne sait sur lequel poser notre regard.
 
 
 

2ème paradoxe de transformation : ça se suit / sans se suivre
[l'interférence entre les deux paradoxes de transformation fonctionnant à la façon "centre / à la périphérie", on bascule d'un effet à l'autre en restant sur les mêmes formes]

5 -  Expression analytique de type a9 - a :

La vision du rhinocéros du premier plan ne nous laisse aucun doute : l'enfilade de courbes que l'on voit à gauche correspond à des cornes qui terminent des corps de rhinocéros. Donc, ces cornes suivent le profil des corps.
Mais si nous considérons l'enfilade des dos qui partent dans un effet de perspective vertical en s'élargissant, il faut abandonner la perception des cornes au bout des corps, car l'enfilade des cornes suit un effet de perspective antagoniste à celui des dos : leur perspective à elle part en biais et elle raccourcit vers le lointain.
En conclusion :
         1/ soit on lit de la droite vers la gauche, pour constater que les cornes des rhinocéros suivent leurs corps, mais alors il faut négliger le fait que les rhinocéros se suivent en enfilade, car l'enfilade des corps et l'enfilade des cornes ne sont pas compatibles entre elles ;
         2/ soit on lit la perspective des cornes qui se suivent en enfilade, mais alors il faut renoncer à lire simultanément les dos, puisque leur perspective n'est pas compatible avec celle des cornes ;
         3/ soit on lit la perspective des dos qui se suivent en enfilade, mais alors il faut renoncer à lire simultanément les cornes, puisque leur perspective n'est pas compatible avec celle des dos ;

Bref, si l'on veut suivre l'une quelconque des formes qui se succèdent, il faut oublier que les autres elles aussi devraient se suivre en même temps, les laisser de côté, admettre qu'elles ne se suivent pas le temps de cette lecture.


6 -  Expression synthétique de type s10 :

Il n'y a aucune difficulté pour savoir quelle est la corne du rhinocéros du premier plan. Quant aux cornes situées derrière, il ne fait pas de doute que chacune suit l'un des profils de rhinocéros de l'arrière plan.
C'est du moins ce que l'on considère d'emblée. Mais est-ce aussi sûr que cela ?
Oublions pour le moment les deux cornes les plus à gauche qui ne suivent visiblement aucun corps. À quel profil correspond alors la seconde corne, c'est-à-dire celle située juste après le rhinocéros que l'on voit en entier ? Au second rhinocéros ? N'est-ce pas plutôt la troisième qu'il faut lui attribuer, compte tenu de la position de son oeil qui serait trop distant de la corne si la seconde était à lui ?
D'ailleurs si l'on compte bien, il y a 4 cornes en arrière plan pour seulement 3 profils, et si l'on se dit qu'il manque un profil en seconde position et que les 3 cornes du lointain correspondent certainement aux 3 profils du lointain, on doit constater que cela non plus n'est pas certain : le dessin de ces profils est interrompu par un blanc qui ne rejoint pas les cornes, et même le tracé de leurs courbes n'est pas dans le prolongement des cornes. En fait, les deux derniers profils semblent plus loin dans l'espace que les cornes que l'on voudrait leur attribuer.

Notre perception nous dit que les cornes suivent les corps, mais à l'exception du rhinocéros que l'on voit en entier au premier plan, elle nous dit donc aussi que les cornes ne suivent pas les corps qu'on leur attribue.


7 -  Expression synthétique de type s15 :

Les deux cornes du tout premier plan ne peuvent flotter toutes seules en l'air : elles suivent nécessairement le corps des rhinocéros qui les portent.
Mais ces corps que l'on reconstitue à leur suite par l'imagination, en réalité ne les suivent pas.

Tout comme le rhinocéros entier du premier plan, on se doute bien que ceux du fond ont un corps fermé et que le trait qui les cerne se continue nécessairement jusqu'à se refermer.
Mais ces traits s'interrompent soudain dans le vide, aussi bien du côté de la tête que du côté de l'arrière : ces morceaux de traits qui ne suivent pas les traits qui nous sont présentés, c'est notre imagination qui les reconstitue automatiquement, et qui les fait suivre les contours présents qui sont seulement ébauchés. Suffisamment ébauchés cependant, pour qu'on les prolonge ainsi par automatisme, pour satisfaire à la vraisemblance.
 
 
 

1er paradoxe d'état : entraîné / retenu
[niveau ponctuel : effet réciproque à distance des différentes parties de la forme, ou effet d'apparence globale de la forme]

Déjà envisagé au titre du premier paradoxe de transformation.
 
 

2ème paradoxe d'état : effet d'ensemble / autonomie
[niveau de classement : met en valeur les effets de type ponctuel du 1er paradoxe]

8 - Expression analytique de type a5 - 1 (branchée sur l'effet -3-) :

Les cornes et les dos suivent des perspectives autonomes : les cornes sont alignées dans une perspective biaise qui les fait rétrécir vers le lointain, et les dos sont alignés dans une perspective qui va de bas en haut et les fait s'élargir vers le lointain.
Soumis à ces deux effets contradictoires, surgissent cependant des animaux au corps unifié. Ces corps unifiés sont "l'effet d'ensemble" que produisent ces perspectives pourtant autonomes.


9 - Expression analytique de type a11 (branchée sur l'effet -4-) :

Toutes ensembles, les cornes forment un cylindre creux qui est bien perceptible.
Mais cet effet d'ensemble est obtenu au moyen de cornes qui chacune suit un trajet qui la tient bien séparée des autres, un trajet bien autonome donc de celui des autres.

De la même façon, les profils bien séparés des multiples dos (des profils bien autonomes donc) forment ensemble (effet d'ensemble) un volume continu ondulant que l'on perçoit clairement.


10 - Expression analytique de type a13 (branchée sur l'effet -1-) :

Le rhinocéros du premier plan fait avec les autres un effet collectif d'enfilade.
Mais, grâce à sa présence au premier plan, il est le seul à se faire voir en entier. Dans un effet d'enfilade d'ensemble, il se fait donc voir, lui, de façon bien autonome.


11 - Expression synthétique de type s10 (branchée sur l'effet -2-) :

Les cornes forment ensemble un effet d'enfilade continue et régulière en forme de cylindre.
Mais les deux premières cornes se distinguent des autres en partant dans le vide sans être reliées à une tête, la troisième se distingue parce qu'elle seule peut se lire en continu avec la forme entière du rhinocéros qui la porte, et quant aux autres, soit on ne voit pas non plus un profil de rhinocéros pour les prolonger, soit on se sait pas exactement quel profil leur attribuer.
En résumé, dans l'effet d'enfilade d'ensemble produit par le rassemblement des cornes, celles-ci se font remarquer de trois façons autonomes : il y a des cornes sans rhinocéros, une corne avec un rhinocéros au bout, et des cornes avec rhinocéros incertain, c'est-à-dire sans claire continuité entre la corne et le corps.
 
 
 

3ème paradoxe d'état : ouvert / fermé
[niveau d'organisation : comment la forme se répand]

12 - Expression analytique de type a1 - a :

Le contour du rhinocéros du premier plan se referme entièrement : son corps est fait d'un trait fermé.
Les cornes sont des traits que l'on peut poursuivre imaginairement : ce ne sont pas des formes fermées sur elles-mêmes.
Quant aux corps des rhinocéros de l'arrière plan, ils ne sont pas fermés puisque le trait qui les dessine reste en suspens, sans fin marquée : leur corps reste ouvert.


13 - Expression synthétique de type s11 :

On peut suivre des yeux le tracé de chaque corne en suivant son arrondi, ou le tracé de chaque profil dorsal en suivant ses méandres : nous ne rencontrons aucun obstacle sur ces tracés dont le trajet est donc ouvert. Même à leurs extrémités nous ne butons sur rien, et notre regard est entraîné à les prolonger par l'imagination.
Dans le sens perpendiculaire au contraire, notre regard bute successivement sur chacune des cornes de l'enfilade des cornes, ou sur chacun des profils de l'enfilade des dos : dans ce sens là le parcours de notre regard est sans cesse arrêté, fermé par la barrière d'un nouveau trait.
 
 
 

4ème paradoxe d'état : ça se suit / sans se suivre
[niveau du noeud qui résume les trois effets précédents et les bloque ensemble]

Déjà envisagé au titre du 2ème paradoxe de transformation.


dernière mise à jour de cette page : 2 novembre 2006


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